Texte Libre

Santé en Danger

Jeudi 30 août 2007


 

Le changement climatique complique la situation sur la planète à différents niveaux. En sus notamment du sujet largement traité de l’augmentation du niveau de la mer et ses possibles conséquences, le changement climatique est impliqué dans l’émergence récente de nombreuses maladies infectieuses.

Le changement du climat sur le long terme et des perturbations climatiques de court terme continueront à altérer la distribution et la prévalence des maladies infectieuses, indique Chris Ray, de l’Université de Colorado-Boulder. Or, la fréquence des perturbations climatiques de court terme s’accroît. Tiré d’un large panel d’études de cas illustrant les effets potentiels du climat sur la dynamique des maladies, une série d’exposés programmée à la rencontre conjointe de la Société Ecologique Américaine et de la Société pour la Restauration Ecologique, est destinée à faire date en ce qui concerne la question des liens entre climat et maladie. La session, organisée par Chris Ray et Sharon Collinge, de l’Université de Colorado-Boulder, traitera de nombreuses maladies, allant de celles affectant l’habitat marin à celles touchant les hommes, par exemple la malaria.

Les études indiquent que les anomalies de température, dont l’accroissement est prédit dans la plupart des océans tropicaux, accentuent la sévérité du déclenchement de maladies affectant le corail et conduisant à la perte de l’habitat récifal. Les populations d’amphibiens sont globalement sur le déclin. De nombreux facteurs apparaissent ici à l’œuvre. Le changement climatique interviendrait dans le déclenchement de maladies telles que la chytridiomycose. Les diverses menaces auxquelles sont confrontés les amphibiens sont déconcertantes, particulièrement dans les zones tropicales de haute altitude.

Par ailleurs, en Asie Centrale, les grandes gerbilles natives, constituent un réservoir pour la bactérie Yersinia pestis, agent pathogène de la peste bubonique. Les études existantes montrent que des printemps plus chauds et des étés plus humides augmentent la prévalence de Yersinia pestis. Autre maladie concernant l’homme dans le cadre de l’analyse de l’impact du climat : la maladie de Lyme. La tique vectrice, Ixodes scapularis, étend son domaine. Les Etats-Unis connaissent déjà d’une épidémie de la maladie de Lyme, laquelle a émergé à la fin des années 70 et atteint un sommet en 2002, lorsque 21 000 cas ont été recensés.



Par sab
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Samedi 4 août 2007



Une étude réalisée aux Pays-Bas met en corrélation l'apparition d'asthme et d'allergies chez les jeunes enfants avec la pollution produite par les gaz d'échappement des véhicules. Il ne s'agit pas d'une première, mais la pertinence des données de départ la classe au-dessus du lot.



Car jusqu'ici, si de nombreuses statistiques avaient été publiées au sujet de l'impact que pouvait avoir sur la respiration, notamment de jeunes enfants, le fait de vivre à proximité d'un grand axe routier, aucune n'avait pris en compte la concentration des gaz polluants dans l'air ambiant. C'est maintenant chose faite, et les résultats de cette investigation, produits par une équipe de scientifiques néerlandais et canadiens, ont été publiés le 25 avril dans l'European Respiratory Journal.



Cette mise en corrélation, M. Bauer et son équipe l'ont effectuée individuellement pour chacun des 4000 enfants suivis, âgés de 0 à 4 ans en prenant essentiellement en compte la présence de particules fines d'oxyde nitreux (NO2). Ces mesures ont été croisées avec les données fournies par les médecins traitants ou la famille, ainsi qu'un questionnaire portant sur les affections enregistrées telles l'existence d'un asthme diagnostiqué, de bronchites, de grippes ou d'eczéma. Les questions portaient aussi sur les symptômes constatés, tels sifflements bronchiques, toux sèche, infections de la sphère ORL ou éruptions cutanées. L'examen était complété par un dosage des IgE, l'anticorps de l'allergie, chez plus de 700 enfants des tranches d'âge impliquées.



Les résultats de l'étude sont formels : il existe bien une relation quantitative entre l'ensemble des affections précitées et l'exposition à la pollution automobile. En ce qui concerne l'asthme, le risque d'apparition de cette maladie invalidante est majoré de 30% par rapport aux enfants vivant en milieu sain. Ce risque est augmenté de 20 % pour les autres maladies.



Les chercheurs ont aussi constaté que la vie en milieu pollué selon les critères étudiés avait aussi une incidence sur la sensibilité aux allergènes alimentaires habituels, mais sans établir de corrélation avec le taux d'IgE.


REJOIGNEZ NOUS,POUR ENRAYER CE PHÉNOMÈNE !

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Samedi 4 août 2007

 


Le risque est méconnu, mais un conducteur se trouve bien plus exposé à la pollution automobile dans son habitacle qu'un piéton sur le trottoir. Consciente des enjeux, l'unité 644 de l'Inserm mène, depuis mai 2007, une étude d'envergure commanditée par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) afin de quantifier l'exposition des conducteurs et de leurs passagers et de proposer des solutions.

Depuis plusieurs mois, un véhicule utilitaire rempli de capteurs circule quotidiennement à Rouen sur un circuit de 75 km, conçu pour représenter les différents types de relief et de topographie. Chaque seconde, les capteurs placés dans l'habitacle prélèvent le taux de concentration des principaux polluants (ozone, oxydes d'azote, dioxyde de soufre...).

Parallèlement, un GPS enregistre la position du véhicule, et une caméra filme la route en continu. Plus de 3 000 km sur les 5 000 prévus ont ainsi déjà été parcourus, fournissant de premières données préoccupantes.

"Les concentrations atteintes dans l'habitacle sont très fortes, de 3 à 5 fois supérieures à celles de l'extérieur du véhicule !", s'inquiète le coordinateur de l'étude, Jean-Paul Morin. Un conducteur sur le périphérique parisien s'est exposé en 2006 à une pollution moyenne avoisinant 100 µg/m3 de dioxyde d'azote. "Imaginez maintenant une journée sans vent, dans les embouteillages, pare-chocs contre pare-chocs, derrière un véhicule au diesel mal réglé : le pic de concentration peut atteindre 15 000 µg/m3 !" Une concentration extrêmement élevée mais ponctuelle, dont l'impact sur la santé n'a pas encore été précisément évalué.

Deux pistes sont explorées par les chercheurs pour réduire l'exposition des automobilistes. La première consiste à repenser l'évacuation des gaz polluants. Les pots d'échappement pourraient être déplacés sur le côté du véhicule, ou encore être scindés en deux jets antagonistes afin de favoriser la dispersion. La seconde, très prometteuse, repose sur la dépollution de l'habitacle grâce à des matériaux qui absorbent les particules polluantes.

Les premiers systèmes - des filtres à base de charbon actif - sont déjà proposés par Audi ou Ford sur des modèles haut de gamme. Le défi est désormais de sensibiliser les autres constructeurs, notamment français. "Les purificateurs d'air sont le sujet marketing des dix prochaines années", estime M. Morin, qui craint cependant qu'"en l'absence de demande significative des clients et de contrainte réglementaire, les constructeurs ne se pressent pas pour équiper leurs véhicules de dispositifs potentiellement coûteux".

PAS BESOIN DE CHANGER DE VEHICULE POUR RESPIRER MIEUX !

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Samedi 4 août 2007



Le risque d'infarctus du myocarde triple dans l'heure qui suit une exposition au trafic routier. Même si le stress peut jouer un rôle dans cette association, la pollution automobile semble bien être la principale responsable.



Nombre d'études ont déjà suggéré l'implication de la pollution automobile dans l'exacerbation des maladies cardiovasculaires, le risque de décès cardio-respiratoire chez les sujets résidant à proximité d'un axe routier, le risque majoré d'infarctus du myocarde chez les conducteurs professionnels, la fréquence accrue des décès par ischémie cardiaque chez les policiers réglant la circulation à Rome, etc.Il s'agit cette fois d'une étude allemande, menée auprès de 690 patients ayant fait un infarctus du myocarde non fatal. Tous connaissaient l'heure de survenue de l'infarctus et ont répondu à un questionnaire, précisant notamment les différentes activités réalisées le jour de l'accident cardiaque et pendant les quatre jours précédents : phases de sommeil, niveaux d'activités durant la journée, périodes passées à l'extérieur, les différents lieux, les moyens de transport, la survenue d'une colère ou d'une joie extrême, un stress, l'exposition à des solvants ou à des poussières, etc.Les patients sont en majorité des hommes (77%) et 70% d'entre eux sont âgés de plus de 55 ans.


Au final, il s'avère que l'exposition au trafic routier était plus fréquente le jour de l'infarctus que durant les trois jours précédents. Une heure avant sa survenue, l'exposition était deux fois plus fréquente qu'à n'importe quel autre moment. Les auteurs estiment que l'exposition à la pollution routière a triplé le risque de faire un infarctus dans l'heure suivante.


Certes, la voiture est le lieu d'exposition le plus fréquent, mais le risque existe également dans les transports en commun (bus), en moto ou à vélo. Et les autres facteurs de risque transitoires, comme le stress, un effort en vélo ou un lever matinal, ne modifient en rien cette constatation.

Le stress contribue certainement à la survenue d'un infarctus, mais la pollution est ici le principal facteur de risque, puisque par exemple, celui-ci est le même que l'on soit au volant de sa voiture ou passivement installé dans un bus.Un très bel argumentaire pour lutter contre la pollution automobile…


AIDEZ NOUS,CELA DEVIENT URGENT !

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Samedi 4 août 2007

C'est l'été et en ville les indicateurs se mettent au rouge avec les grosses chaleurs. Les médias se font l'écho des niveaux élevés de la pollution atmosphérique. Est-ce une raison pour priver bébé de sa promenade quotidienne ?




Les agents polluants les plus importants sont le dioxyde d'azote et l'ozone, qui ont des effets néfastes sur l'appareil respiratoire, mais aussi le monoxyde de carbone qui touche plutôt le coeur et le cerveau. Chez l'adulte, une pollution accrue augmente la fréquence des troubles comme l'insuffisance respiratoire ou la bronchite chronique. Les polluants vont aussi diminuer les défenses de l'organisme aux infections.



Les conséquences de la pollution.



Lors des pics de pollution à l'ozone, la plupart des gens ne ressentent rien. Cependant, certains décrivent des oppressions thoraciques et des douleurs à l'inspiration profonde dues à l'irritation des voies respiratoires, ou encore des irritations au niveau des yeux.



Les enfants respirent à une fréquence plus élevée que les adultes, ils inhalent donc encore plus de polluants. Les promenades en poussette ou à pied les mettent juste au niveau… des pots d'échappement, ce qui les expose plus encore. Enfin, leur appareil respiratoire est en plein développement, et ils sont plus facilement sujets aux allergies que leurs parents.



Les cellules bronchiques de l'enfant sont fragiles, en particulier les cellules ciliaires. Ce sont des cellules dont le rôle est d'éliminer les poussières en les faisant remonter à l'extérieur de l'arbre respiratoire. Des cellules immatures trop fréquemment exposées risquent d'être définitivement abîmées. L'irritation des bronches liée aux polluants favorise également l'apparition de crises d'asthme et aggrave les lésions de la bronchiolite virale chez le nourrisson.



Limiter l'exposition à la pollution.



Si vous habitez en ville, ne privez pas pour autant bébé de sa promenade quotidienne. Cependant, évitez les sorties pendant un pic de pollution, surtout aux heures de pointe où l'air se charge en ozone. Préférez les balades du matin ou de la soirée. Evitez les grands axes routiers, et recherchez les espaces verts. Attention au brouillard, ses fines gouttelettes contiennent des polluants qui seront facilement inhalés. Enfin, même s’il fait chaud, préférez le kangourou à la poussette, car il permet de maintenir bébé en hauteur, à distance des pots d'échappement.



La pollution blesse les poumons des enfants.


Les enfants qui grandissent au milieu des villes polluées encourent un risque de lésions pulmonaires, alors même qu'ils apparaissent en parfaite santé. De précédentes recherches avaient souligné un risque plus important de troubles respiratoire (en particulier l'asthme) chez les enfants vivant dans des zones de forte pollution atmosphérique.




Mais cette nouvelle étude va encore plus loin en comparant les radiographies pulmonaires de 241 enfants vivant à Mexico à 19 résidant dans une petite ville du bord de mer. Les chercheurs américains et mexicains ont réalisé également des scanner chez les jeunes présentant des changements anormaux.




Bien que tous les enfants paraissaient en bonne santé :


*63 % des enfants en zone urbaine présentaient des inflammations excessives des deux poumons ;
*Plus de la moitié (52 %) ont montré des quantité anormales de marques interstitielles, signes d'anomalies pulmonaires futures.


Les anomalies constatées (hyper inflammation et marques interstitielles) ont été statistiquement reliées aux niveaux de pollution atmosphérique liés aux particules atmosphériques volatiles et au niveau d'ozone. Durant les 20 mois qu'a duré l'étude, les limites en ozone étaient dépassés au moins quatre heures par jour et ceux liés aux particules volatiles étaient au-dessus des standards américains.


"Ces enfants en pleine santé étaient très actifs, et beaucoup d'entre eux passaient ainsi des heures à jouer au football jusqu'en fin de soirée - à l'heure où les niveaux de pollution atteignent les concentrations les plus fortes. La plupart des parents pensent naturellement que l'activité physique de leurs enfants est une bonne chose. Mais la vérité est qu'ils devraient peut-être rester chez eux en fin de journée au moment des pics d'ozone" conclut le Dr. Fordham, co-auteur de l'étude.




ON A PAS LE DROIT DE LEURS IMPOSER ÇA !

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Samedi 4 août 2007


La voiture constitue une part importante de la pollution atmosphérique. Certains de ces polluants peuvent être dangereux pour notre santé mais également pour notre planète, en aggravant notamment l’effet de serre. Face à ces menaces, est-il possible de rouler propre ? Doctissimo ouvre le débat.

Mieux protéger sa santé !

Les yeux qui piquent, les bronches agressées, le coeur qui bat la chamade… Se promener dans les rues des villes n’est plus aussi tentant pour le citadin soucieux de sa santé. Des milliers de voitures crachent dans l’atmosphère des gaz et des poussières. Doctissimo passe en revue les polluants et les risques pour votre santé.

Les Français prêts à "rouler propre"

Quelle est l’attitude des Français face à la pollution automobile ? Victime ou responsable, nos compatriotes prennent de plus en plus conscience de ce phénomène. Une récente enquête semble témoigner d’une réelle volonté de changement de leurs comportements.

Les Français veulent des voitures vertes.

Bannir la voiture pour respecter l’environnement ? Non, les Français ne sont pas encore prêts à franchir le pas. La voiture et les deux roues motorisées constituent toujours le moyen de transport privilégié au détriment des transports en commun, puisque seuls 17 % des Français utilisent ces derniers pour se rendre sur leur lieu de travail, bien qu’ils déclarent à 48 % disposer de transports en commun à proximité pour s’y rendre. Plus de 60 % estiment que l’existence de plus de transports en commun les amènerait à moins utiliser leur voiture... Etrange paradoxe que l’on retrouve dans leur prise de conscience de la pollution automobile.

En 2006, 53 % déclarent en souffrir contre 46 % en 2004. Plus encore, alors qu’ils n’étaient que 30% à considérer qu’ils polluaient en 2004, ils sont désormais 40 % à le reconnaître.

Rouler sans changer leurs habitudes mais en polluant moins, tel est l’idéal exprimé par les conducteurs. Ils sont en effet 89 % à se dire prêts à acheter un véhicule roulant au biocarburant et 81 % à être intéressés par les véhicules hybrides (essence/électricité). Parmi ces mêmes conducteurs, 88 %, contre 74 % en 2004, seraient prêts à recourir aux carburants alternatifs pour leur véhicule actuel. Et 57 %, + 12 points par rapport à 2004, seraient prêts à le faire même si le prix de ces carburants excédait de plus de 10 % celui des carburants aujourd’hui disponibles.

Rouler "vert" : oui à 89% !

Les deux tiers des Français (66 %) pensent que l’initiative la plus efficace pour diminuer la pollution passe par le développement des biocarburants (+ 14 % depuis 2004), ou, à 55 % (+12 %), par celui de la voiture électrique ou hybride. Ils sont aussi 60 % à souhaiter des réductions fiscales sur les biocarburants pour accélérer le développement d’une "conduite verte". Une mesure à privilégier avant le développement des transports en commun (44 %, soit une baisse de 5 points) et loin devant le co-voiturage (9 %), la circulation alternée en agglomération (4 %) ou les contrôles de vitesse (3 % contre 13 % en 2004).

Les Français sont donc en attente de solutions pour rouler vert, et 54 % estiment que la France est en retard en matière de véhicules propres. En attendant que des mesures soient prises, ils sont 57 % à déclarer toujours respecter les limitations de vitesse en cas de pollution.

Dans l’idéal, 28 % des Français déclarent rêver de se déplacer avec une voiture propre et 4 % seulement avouent rêver d’un 4x4… Par contre, ils sont une majorité à penser que les autres conducteurs rêveraient eux de rouler en 4x4 (21 %), dans une voiture sportive (18 %), en monospace (18 %), avec une berline (16 %) et 14 % seulement avec une voiture propre.

En conclusion, les optimistes souligneront que les Français sont prêts à s’impliquer en privilégiant les technologies propres tandis que les pessimistes regretteront qu’ils ne soient pas prêts à changer leurs comportements…

Luc Blanchot

PAS BESOIN DE CHANGER DE VOITURE POUR ROULER PROPRE !

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Samedi 4 août 2007

Des études de plus en plus nombreuses tendent à incriminer la pollution atmosphérique dans le développement de certaines maladies respiratoires. Mais il reste difficile d’identifier précisément les effets de chaque polluant.



Dans les années 1950, de grands pics de pollution ajoutés à des conditions météorologiques particulièrement défavorables ont été responsables à plusieurs reprises d’un surcroît de mortalité dans certaines villes industrielles. Ces épisodes étaient essentiellement liés aux émanations de vapeurs soufrées émanant des industries et des chauffages. Depuis, la meilleure maîtrise des rejets toxiques a rendu les conséquences de la pollution atmosphérique moins visibles dans les pays développés. Dans le même temps, la pollution automobile a pris le pas sur la pollution industrielle.


Le trafic automobile entraîne surtout des rejets d’oxydes d’azote (NO, NO2...), responsables de la formation d’ozone, de composés volatils (hydrocarbures) et de microparticules ou fumées noires (moteurs diesel), tandis que le dioxyde de soufre reste un polluant industriel.


Comme l’ozone, les oxydes d’azote et le dioxyde de soufre sont irritants et peuvent provoquer une altération de la fonction respiratoire et une exacerbation des symptômes chez les personnes ayant une maladie pulmonaire comme l’asthme, une bronchite chronique ou un emphysème. Des études menées aux Etats-Unis ont montré une corrélation entre les pics de pollution et les hospitalisations pour pneumonie ou grippe.


Une fonction pulmonaire altérée


L’école de santé publique d’Harvard a mené d’importantes études sur les populations de plusieurs villes américaines et canadiennes. L’étude dite des “six villes” indique que les enfants résidant dans les zones exposées aux taux les plus élevés de microparticules ont une fonction respiratoire moins bonne.


Ces altérations étaient toujours présentes après douze ans de suivi, laissant craindre une plus grande propension à développer une maladie respiratoire chronique, à l’âge adulte. Le risque de crises d’asthme, de bronchites et d’autres symptômes respiratoires était également plus important parmi les enfants résidant dans les zones où la pollution atmosphérique était élevée.


Dans une analyse plus récente, les auteurs ont observé une mortalité augmentée de 26 % dans les villes les plus polluées, ce qui correspondait à une diminution de deux ans de l’espérance de vie. Il est difficile toutefois d’affirmer que cette mortalité est due à la pollution, plutôt qu’à d’autres facteurs, liés notamment au travail ou au niveau de vie.


Pollution et asthme ?
Menée en Corée auprès de 8 000 enfants, une étude récente1 suggère que la pollution n’augmenterait pas seulement le risque de crises chez les patients asthmatiques, mais qu’elle pourrait également jouer un rôle dans le développement de l’asthme et d’autres manifestations allergiques.


Par rapport aux enfants vivant dans les zones les moins polluées, les jeunes habitants des quartiers les plus pollués étaient :


*Deux fois plus nombreux à souffrir d’un asthme, de conjonctivites ou d’eczéma ;
*Soumis à un risque de rhinite supérieur de plus de 50 %


La pollution n’augmenterait pas le risque d’allergie, mais stimulerait, peut-être par un effet irritant, la réponse des bronches et des autres muqueuses aux allergènes.


Il reste difficile de déterminer la substance responsable de ces effets, car les pollutions sont souvent concomitantes et les divers polluants peuvent associer leurs actions lorsqu’ils sont inhalés de manière simultanée. Ainsi, la présence de dioxyde d’azote accroît la baisse de la capacité respiratoire due à l'ozone et le dioxyde de soufre est d’autant plus irritant qu’il est inhalé avec des poussières ou des microparticules.


Un risque plus élevé d’infarctus ?


Outre leurs effets sur la respiration, dioxyde de soufre et microparticules pourraient augmenter le risque d’infarctus en favorisant la formation de caillots. Une étude récente2 menée par l’école de santé publique de Harvard indique ainsi que le risque d’infarctus du myocarde est plus élevé dans les heures qui suivent un pic de pollution par les microparticules.


Enfin, les polluants atmosphériques pénétrant profondément dans les voies aériennes, il est légitime de s’interroger sur les risques de cancer à long terme. C’est le cas, en particulier, pour les hydrocarbures volatils et les microparticules émises par les moteurs diesels et les activités industrielles, qui peuvent véhiculer à leur surface d’autres substances toxiques. Toutefois un tel risque est difficile à mettre en évidence, à cause de la présence de facteurs cancérigènes plus puissants, comme le tabagisme.


Dr Chantal Guéniot


IL FAUT REAGIR !

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Samedi 4 août 2007


La pollution atmosphérique, liée pour près d'un tiers aux rejets polluants des voitures, serait responsable chaque année de la mort de 6 500 à 9 500 personnes en France, selon un rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale (Afsse).


En effet, après huit mois de travail, les experts de l'Afsse ont calculé que de 6 à 11% des décès par cancer du poumon chez les plus de 30 ans seraient dus aux rejets de particules polluantes dans l'atmosphère, la classe d'âge la plus touchée étant celle des 60-69 ans.).


Ils seraient donc entre 670 et 1 713 victimes par an, auxquels s'ajoutent ceux qui décèdent de maladies cardio-respiratoires, dont 7% seraient directement imputables à la pollution urbaine.
Dans la fourchette haute de cette estimation, 5% des décès de 30 ans seraient attribuables à cette pollution, soit 9.513 morts, et 3% dans la fourchette basse, soit 6.453 décès.).


Notons qu'il exite des différences très nettes selon la géographie de la pollution qui s'accumule près des axes routiers et qui se disperse difficilement dans les fonds de vallée.).


Cete étude s'est attachée à la pollution particulaire émise massivement par les véhicules diesel qui représentent en 2003 près de 68% des ventes selon l'ADEME.).


Selon le rapport, la moitié des particules ultra fines "qui viennent se loger dans nos bronches sont recrachées par les voitures et les poids lourds".).



Les auteurs du rapport estiment à 900.000 euros le coût de chaque décès lié à la pollution atmosphérique. "Les conséquences néfastes engendrées par le trafic automobile sont supérieures aux montants payés via les péages et la fiscalité sur les carburants", lit-on dans le rapport.).
Les experts préconisent, selon Le Point, des mesures pour "diminuer l'exposition de la population" :
- notamment une taxe sur tous les véhicules en fonction de leur consommation énergétique et de leur taux d'émission de polluants.
- l'obligation pour les poids lourds diesel de s'équiper de filtres à particules, le développement des transports en commun et du ferroutage ou encore la limitation des voitures dans le centre-ville.


Ce travail "situe les enjeux en termes de santé publique, en proposant une estimation, à travers la littérature disponible, de l’impact sur la santé d’une exposition chronique aux particules fines présentes dans l’air dans 76 agglomérations urbaines françaises", indiquent les auteurs du rapport.
De son côté, le ministre de l'Ecologie Serge Lepeltier a reconnu jeudi que la lutte contre la pollution de l'air n'avait "pas suffisamment pris en compte" le rejet des particules fines dues aux véhicules diesel .
Le gouvernement étudie actuellement, dans le cadre d'un Plan santé-environnement qui pourrait sortir fin juin, "plusieurs mesures" pour limiter les émissions de particules fines des moteurs. Il discute notamment d'une généralisation des filtres à particules, qui équipent actuellement les véhicules diesel haut de gamme, ou d'une "prime à la casse" des voitures les plus anciennes.


IL FAUT QUE ÇA S'ARRÊTE ! AIDEZ NOUS!

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